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Les océans constituent un vaste habitat aux dimensions inouïes.

Or c’est peu comparé à la troposphère — les premiers 10 à 12 km au-dessus de nos têtes —, dont le volume fait 6,6 milliards de kilomètres cubes. Cet espace, qui ne correspond pas à la notion usuelle d’habitat, est pourtant occupé, à certains moments, par des milliards d’oiseaux, de chauves-souris et d’insectes en migration. Malgré son importance, il a longtemps été négligé par la science, mais devant l’accroissement de la pollution causée par la lumière, la fumée des feux de forêt et les gaz toxiques, des scientifiques de différentes institutions nord-américaines, dont l’Université Carleton, à Ottawa, ont voulu étudier de plus près ce théâtre aérien.

En analysant près de 108 millions d’observations radar effectuées au-dessus des États-Unis entre 1995 et 2022, il appert, comme attendu, que cet espace est utilisé principalement pendant les périodes nocturnes au printemps et en automne, tandis qu’en été, la répartition entre le jour et la nuit est plus équilibrée. En outre, au printemps et à l’automne, la proportion d’activité nocturne augmente avec la latitude — alors qu’elle diminue en été —, l’activité aérienne maximale se produisant environ quatre heures après le coucher du soleil, avec des variations selon la position géographique. Durant cette heure de pointe, la moitié des mouvements aériens est confinée dans une bande verticale de 500 m qui commence à 355 m du sol. L’équipe de recherche souligne la nécessité de considérer la basse atmosphère comme un habitat structuré ayant un rôle écologique significatif.

Source : Ecology, novembre 2025

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