Des crottes et des mouches

La bernache du Canada est une figure familière en milieu urbain : parcs, terrains de golf et esplanades maculés de ses déjections attestent de son abondance.

Un risque sanitaire s’ensuit, et plusieurs villes n’ont pas de solutions à proposer. Des biologistes de l’Université Concordia, à Montréal, pensent avoir trouvé une manière de faire bon usage de ces excréments avec l’aide des larves de la mouche soldat noire (Hermetia illucens).

L’équipe a d’abord récolté 5 kg de crottes de bernaches au parc Angrignon, situé dans la métropole, afin de créer trois diètes pour les larves : une faite d’un mélange standard contenant du maïs, du blé et de la luzerne (F0), une faite de 50 % de ce mélange et de 50 % de matières fécales de bernaches (F50) et une faite entièrement de ces matières (F100). La détermination de l’indice de réduction des déchets, une mesure de la quantité consommée par les larves, a indiqué que celles-ci sont plus efficaces lorsqu’elles sont nourries du mélange F50. À leur tour, les déjections des larves ainsi que les restes de leur métamorphose en adulte ont été récupérés dans le but d’analyser leur pouvoir fertilisant sur la lenticule mineure, une plante aquatique. Ces résidus ont mené à une croissance améliorée de la lenticule, haussant de 32 % les rendements à une concentration de 10 g/L, comparativement à ceux d’un fertilisant standard. Les scientifiques concluent que l’utilisation des larves de H. illucens offre une approche pratique pour la gestion des déchets fécaux dérivés de la faune.

Source : Journal of Environmental Management, février 2026

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