Petit grain deviendra grand

Le chardon de Mingan, une plante en péril qui ne croît que dans la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, est menacé, notamment par l’élévation des eaux marines, l’érosion des berges et la réduction du couvert nival.

Malgré des efforts de restauration, sa situation demeure critique. Des scientifiques de l’Université de Guelph, en Ontario, qui ont mis au point une technologie in vitro de micropropagation, de récupération d’embryons et de cryopréservation ayant fait ses preuves sur des végétaux en danger ont appliqué leur approche à ce chardon. En collaboration avec des membres de la réserve de parc national, ils viennent de publier des résultats prometteurs. À partir de graines recueillies dans l’archipel, l’équipe a mis en branle divers protocoles de germination et a même montré que tous les embryons cryocongelés étaient en mesure de germer. Les plantules ainsi obtenues ont ensuite subi, avant leur transport aux îles de Mingan, un traitement d’acclimatation auquel la plupart ont survécu. Mukund R. Shukla, auteur principal de l’étude, indique : « L’introduction sur le terrain de ces plants a mené à un taux de survie de 90 % après deux ans, ce qui est excellent compte tenu de la vulnérabilité de l’espèce et du milieu difficile. En outre, les plus larges rosettes ont fleuri à un taux supérieur à celui des populations naturelles, suggérant que le procédé peut améliorer la reproduction. » Ces résultats illustrent la valeur de cette technologie innovante pour les végétaux en danger critique d’extinction dans un contexte de climat changeant.

Source : Conservation Biology, décembre 2025

Crédit photo: Parcs Canada