Faudra faire vite et bien
Le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming à Montréal enjoint les nations signataires à protéger 30 % de leur territoire d’ici 2030.
À cinq ans de l’échéance, les aires protégées (AP) au Canada ne couvrent qu’à peine 13 % de la superficie du pays, et d’importantes lacunes existent. Ainsi, le réseau actuel ne protège qu’une moyenne de 8,1 % de la répartition des quelque 800 espèces canadiennes à risque d’extinction, et il est particulièrement ténu à la frontière sud, là où la biodiversité est la plus grande et la population humaine la plus élevée. Comment atteindre la cible et du même coup maximiser la protection des espèces en péril ? C’est ce qu’ont entrepris d’établir un groupe de chercheurs des universités Carleton et Guelph, en Ontario, ainsi que de l’Université libre d’Amsterdam. En utilisant des données concernant 1506 espèces animales et végétales canadiennes et en mesurant l’efficacité du réseau d’aires protégées actuel, l’équipe a identifié des domaines prioritaires pour la conservation de la biodiversité. Joe Bennett, directeur de l’étude, précise : « Nos résultats révèlent que plus de 90 % des espèces considérées ont actuellement moins de 30 % de leur répartition spatiale dans des AP, et que pour environ la moitié de ces espèces, moins de 10 % de leur répartition est située dans des AP. Le Canada devra plus que doubler son réseau en y ajoutant de 1 600 000 à 1 700 000 km2 s’il aspire à protéger sa biodiversité de manière adéquate. » Les chercheurs réitèrent la nécessité d’oeuvrer en partenariat avec les détenteurs de droits autochtones et les propriétaires fonciers afin d’atteindre l’objectif dans les délais prescrits.
Source: Facets, octobre 2025
Crédit photo: Wikimedia commons


