Des saunas fleuris?
L’aspect d’une fleur — sa forme, sa taille et sa couleur — détermine, mais en partie seulement, le microclimat qui règne à l’intérieur de la corolle.
D’autres facteurs, telles la transpiration des pétales et l’évaporation du nectar, sont en effet en mesure de générer dans la chambre florale un niveau d’humidité significativement plus élevé que celui de l’air ambiant. Des chercheurs canadiens, états-uniens et brésilien se sont demandé de quelle façon cette humidité intrinsèque affecte le taux de visite de pollinisateurs d’une plante à grandes fleurs, la courge.
C’est en perçant des fleurs à leur base afin d’en abaisser le niveau d’humidité que l’équipe a noté que l’abeille Xenoglossa pruinosa, un pollinisateur spécialiste de la courge, était apte à détecter l’atmosphère interne moins humide de ces fleurs modifiées et s’y est posé moins souvent, comparativement à celles laissées intactes. Ces larges fleurs servant également d’abris aux mâles de cette abeille, les résultats montrent que plus l’air ambiant est sec, plus les fleurs accueillent des individus cherchant à éviter la déshydratation. Ces observations conduisent l’équipe à prévoir que le changement climatique, qui cause une augmentation de la différence entre l’humidité maximale que l’air peut contenir et l’humidité réellement présente, engendrera une dépendance croissante des insectes aux microcosmes floraux comme moyen d’atténuer le stress de dessiccation.
Source : Current Biology, octobre 2025
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