MOTUS et ailes décousues

Motus est le nom d’un vaste réseau international de détecteurs qui enregistrent, lors de leurs périples migratoires, les déplacements d’oiseaux, de chauves-souris et d’insectes munis d’émetteurs miniaturisés.

Entre 2014 et 2023, l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac a utilisé Motus afin d’étudier la migration de dix espèces nichant dans l’Est canadien et qui migrent vers des aires d’hivernage aux États-Unis et en Amérique du Sud. Durant cette période, Motus a détecté les mouvements migratoires de 356 oiseaux ayant été marqués dans la région de Tadoussac. Alexandre Terrigeol, directeur des opérations de l’Observatoire et coauteur de l’étude, détaille: «À l’automne, la plupart des oiseaux suivent le littoral du Saint-Laurent, jusqu’aux environs de la ville de Québec. C’est là que les routes migratoires divergent, nombre d’oiseaux coupant au sud par la vallée de la rivière Hudson alors que d’autres continuent jusqu’à la rive est du lac Ontario. La mise en place de ce réseau permet d’identifier les haltes et routes migratoires, connaissances essentielles en vue d’appliquer des mesures de conservation adaptées à ces espèces en déclin. Les données servent aussi à estimer les moments d’envol; ainsi, la grive à joues grises et celle à dos olive quittent quelques heures après le coucher du soleil tandis que le roselin pourpré décolle de quatre à cinq heures avant son lever.» Les chercheurs soulignent que si l’utilité du réseau Motus n’est plus à démontrer, des stations supplémentaires sont nécessaires, notamment au Québec, afin de mieux couvrir l’ensemble des corridors de migration.

Source : Journal of Field Ornithology, juin 2025

Crédit photo: Simon Théberge