Sous les palmiers

Ce n’est que dans les régions où la température moyenne du mois le plus froid ne descend pas sous la barre de 5°C que les palmiers croissent naturellement.

En trouver des restes fossiles dans le Nord canadien constitue alors un élément supplémentaire pour appuyer l’idée qu’un climat de type subtropical régnait à ces latitudes dans les temps préhistoriques. Mais jusqu’à quelle limite septentrionale poussaient ces palmiers et jusqu’à quelle époque en trouve-t-on les dernières traces? Des paléontologues d’institutions états-unienne, polonaise et canadienne ont répondu à ces deux questions en analysant une carotte de sédiments prélevée du champ de kimberlites de Giraffe Pipe, près du lac de Gras, dans les Territoires du Nord-Ouest.

C’est en découvrant des phytolithes de palmiers dans différentes strates de la carotte que l’équipe est arrivée à la conclusion que ces végétaux étaient présents moins de 200 km au sud du cercle arctique durant l’éocène, il y a 48 millions d’années. Les phytolithes, ces concrétions microscopiques de silice enfouies dans les tissus végétaux, sont des bio-indicateurs très utiles puisqu’ils fossilisent intacts, et leurs formes permettent parfois d’identifier la famille ou le genre de l’espèce fossilisée. Ici, les chercheurs émettent prudemment l’hypothèse que les palmiers appartenaient à la sous-famille des coryphoidées et à la tribu des trachycarpées, cette dernière rassemblant des espèces particulièrement résistantes aux températures plus fraîches.

Source : Annals of Botany, février 2025

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