Soupe chaude dans le chaudron

La quête d’énergie propre et renouvelable est une pièce maîtresse de la transition énergétique que mènent les sociétés ayant à coeur la préservation de l’environnement.

La géothermie, cette branche des sciences de la Terre qui étudie et exploite la chaleur provenant du sous-sol terrestre, contribue à cet effort, mais son application dépend de la disponibilité de sites adéquats. Une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et de la Commission géologique du Canada vient de publier des données encourageantes sur un site particulier: l’astroblème de Charlevoix.

Créé par une météorite qui s’est écrasée il y a 400 millions d’années, ce cratère, dont le pic central est le mont des Éboulements, a laissé des formations rocheuses naturellement fracturées dans lesquelles l’eau des précipitations percole et se réchauffe en profondeur. Cette eau réchauffée pourrait être exploitée à l’aide de systèmes géothermiques, comme le précise Jasmin Raymond, directeur des travaux de María José Oviedo, qui a mené l’étude: «Nos modèles numériques montrent que la température moyenne à 3 km de profondeur est de 70°C à l’intérieur du cratère, plus élevée de 7°C qu’en son pourtour extérieur. Cela ouvre potentiellement la porte aux possibilités de chauffage de bâtiments dans la région ainsi qu’à une foule d’activités industrielles.» Il existe une trentaine de structures d’impact confirmées au Canada, pour lesquelles aucune étude de développement géothermique n’a encore été publiée. L’équipe suggère que le potentiel géothermique de cratères situés à proximité de populations importantes mérite d’être considéré.

Source : Geothermics, mars 2025

Crédit photo: Agence spatiale canadienne