Entre le pic et l’écorce
Un pic absorbé par la quête d’arthropodes sur un arbre est vulnérable à l’attaque d’une buse ou d’un faucon: non seulement fait-il dos à l’adversaire, mais la fuite par en avant est bloquée par le tronc.
Des biologistes de l’Université de Princeton, au New Jersey, ont cherché à savoir si la livrée d’un pic le rend moins apparent aux yeux des prédateurs lorsque superposée à l’écorce. Pour ce faire, les chercheuses ont d’abord photographié la face dorsale de pics mineur, chevelu et à ventre roux alors que ceux-ci étaient agrippés aux arbres qu’ils fréquentent le plus souvent pour s’alimenter. Dans un deuxième temps, elles ont pris des clichés de l’écorce de ces arbres ainsi que de celle d’arbres à proximité moins visités par les pics. En comparant les paramètres lumineux des photos de plumages et d’écorces — granularité, contraste, luminance, coloration —, l’équipe a démontré que la livrée des pics se mariait davantage à l’écorce des arbres d’alimentation qu’à celle des autres arbres présents dans l’habitat. Elle avance l’hypothèse que c’est l’atout de passer inaperçu lors de la recherche de nourriture qui a probablement façonné l’évolution des motifs du plumage des pics. Toutefois, les chercheuses préviennent que leur étude n’est pas en mesure de confirmer que ces concordances de paramètres lumineux entre plumages et écorces influencent le taux de prédation des pics; des observations complémentaires seront nécessaires afin d’attester la valeur présumée de ce camouflage.
Source : Animal Behaviour, septembre 2024
Crédit photo: Wikimedia commons


