Éteignez les lumières!
Une des causes du déclin de certains oiseaux marins est la lumière artificielle qui les attire dans des endroits où les risques de désorientation, de blessures et de prédation sont élevés.
C’est le cas de l’océanite cul-blanc, une espèce active la nuit, dont les effectifs sur l’île Baccalieu, au large de Terre-Neuve, ont décliné de 42% depuis trente ans. En accord avec une usine de transformation de poissons située à proximité de ladite île, des biologistes de l’Université Memorial et du Service canadien de la faune ont évalué les effets d’une réduction de la luminosité nocturne sur le nombre d’océanites échoués sur ce site industriel.
Du printemps jusqu’au milieu de l’automne, et ce, en 2021 et en 2022, de puissantes lampes extérieures de l’usine ont, en alternance, été soit allumées, soit éteintes afin d’atténuer l’éclairage ambiant. Un peu partout sur le site, des boîtes servant d’abris ont été disposées, car un océanite dérouté tend à se confiner dans un lieu obscur. Chaque matin, une tournée des abris a permis de dénombrer les océanites qui y avaient trouvé refuge. L’analyse des données a révélé qu’une réduction partielle de la lumière diminue les échouages de 57%. Davantage que les adultes, ce sont surtout les jeunes océanites, inexpérimentés et attirés par la lumière, qui cherchent un abri, comptant pour 95% des individus échoués au début de l’automne, un moment qui correspond au premier envol. Ces résultats s’ajoutent à ceux qui appuient la modification de la lumière artificielle côtière en tant que stratégie de conservation.
Source : PLOS One, juin 2024
Crédit photo: Wikipédia


