L’homme qui a vu… l’ours.

Le Sasquatch, cette imposante créature velue à la forme humaine qui, selon certains, hante les forêts de l’Amérique du Nord, attise encore la curiosité des scientifiques.

Non pas que ces derniers tentent d’en prouver l’existence : leur théorie est qu’il y aurait plutôt erreur sur l’animal. En effet, l’ours noir est le candidat idéal pour une honnête méprise: pelage foncé, larges empreintes, odeur forte et grognements divers, auxquels s’ajoute la bipédie occasionnelle. Or, si confusion il y a, une relation devrait pouvoir être établie entre le nombre d’ours noirs dans une région et le nombre d’observations de Sasquatchs. C’est ce qu’un statisticien de la Folk Zoology Society vient justement de démontrer. Le chercheur a d’abord assemblé, pour l’année 2006, et pour chaque juridiction canadienne et états-unienne — provinces, territoires, États —, la population humaine, les effectifs estimés d’ours noirs, l’étendue de la forêt et le nombre de Sasquatchs rapporté. L’hypothèse est simple: plus il y a de forêts et/ou de personnes dans un secteur où vit l’ours noir, plus il y a de chances d’observer cet ursidé et, par conséquent, de se méprendre sur son identité. Le modèle statistique obtenu indique que les constats de Sasquatchs sont significativement associés aux effectifs d’ours noirs: en moyenne, une augmentation de 1000 ours noirs est liée à une hausse de 4 % des observations de Sasquatchs, à raison d’une observation de Sasquatch par 5000 ours noirs. L’auteur rappelle toutefois qu’il s’agit là d’une simple corrélation, l’étude ne confirmant pas qu’une observation présumée d’un Sasquatch soit forcément celle d’un ours.

Source : Journal of Zoology, mars 2024

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