Tique, tique, tique­…

La tique d’hiver affecte particulièrement les orignaux.

Depuis plusieurs années, les infestations se multiplient au Québec, causant une perte de masse, de poils et de sang à un nombre croissant de bêtes. Si les inventaires aériens et les récoltes de chasse ne révèlent pas encore de grandes répercussions sur les populations du cervidé, il convient de s’interroger sur les conséquences du réchauffement climatique sur l’abondance du parasite. Une équipe de chercheurs des universités Laval et de Montréal ainsi que du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a étudié la question.

En compilant des paramètres météo susceptibles de limiter la survie de la tique et en examinant comment ils pourraient être liés à la charge hivernale de tiques de 4100 orignaux récoltés au Québec de 2013 à 2019, les scientifiques sont parvenus à relever quelques tendances, comme le précise Steeve Côté, directeur de l’étude: «Les conditions météo printanières et estivales sont les facteurs ayant le plus d’influence sur le nombre de tiques parasitant un orignal l’automne venu. Ainsi, la charge de tiques diminue à la suite de périodes prolongées en deçà de -15 °C au cours du printemps. Cette charge est également réduite en fonction du nombre de jours consécutifs avec une humidité relative de moins de 80 % en été.» L’équipe conclut que le changement climatique, qui a pour effet d’augmenter les précipitations ainsi que les températures au printemps et en été, pourrait accroître à long terme l’abondance des tiques hivernales dans les habitats des orignaux et entrainer une détérioration notable de leur état de santé.

Source : The Journal of Wildlife Management, janvier 2024

Crédit photo: Delphine De Pierre