Un scarabée et sa mouche

Dans les années 1920, la mouche Istocheta aldrichi, un parasite naturel du scarabée japonais, a été introduite aux États-Unis afin de contrôler l’expansion envahissante du coléoptère.

Cette mouche, maintenant établie au Québec, s’avère une alliée de taille dans la lutte contre le nuisible insecte. Dans le but de parfaire les connaissances sur I. aldrichi, des scientifiques de l’Université de Montréal ont entrepris une étude systématique de la façon dont la mouche dépose son oeuf, de forme ovale, sur le corps du scarabée.

De 2018 à 2023, en juin et en juillet, près de 4400 scarabées portant au moins un oeuf de mouche ont été récoltés sur l’île de Montréal et en Montérégie. Plusieurs paramètres, dont le site de ponte sur le corps du scarabée ainsi que le succès de la larve à se transformer en pupe après avoir pénétré à l’intérieur de sa victime, ont ensuite été déterminés. Jacques Brodeur, directeur des travaux, détaille: «Dix-neuf fois sur 20, la mouche pond son oeuf sur le thorax du scarabée et, la plupart du temps, l’oeuf est logé en plein centre, souvent dans un angle plus petit ou égal à 45° par rapport à l’axe corporel transversal. Cette orientation reflète la direction d’approche de la mouche, qui profite du moment durant lequel le scarabée mâle agrippe la femelle lors de l’accouplement, le couple étant alors restreint dans ses mouvements défensifs.» Ces observations suggèrent que le positionnement de l’oeuf par I. aldrichi maximise les chances de survie de la larve puisque la ponte sur le thorax, plutôt que sur les élytres, permet à la larve naissante de percer plus aisément l’exosquelette.

Source: Journal of Insect Behavior, décembre 2023

Crédit photo: Nature sauvage