Un gros bec

À l’origine natif de l’Afrique du Nord et de l’Eurasie, l’étourneau sansonnet a été introduit à New York en 1890.

On estime actuellement ses effectifs nord-américains à 90 millions d’individus et, mondialement, à 1,3 milliard. Si cela en fait un des oiseaux parmi les plus envahissants, il représente néanmoins un modèle idéal pour mieux comprendre les processus évolutifs lui permettant de s’adapter aisément à différentes conditions environnementales, comme l’attestent des biologistes états-uniens dans une analyse de la morphologie du bec des étourneaux d’Amérique du Nord comparée à ceux d’Europe.

L’examen de spécimens anciens — provenant de musées de part et d’autre de l’Atlantique et datant, dans plusieurs cas, du XIXe siècle et de la première moitié du XXe — ainsi que de spécimens capturés depuis 2015 a permis aux scientifiques d’établir que la longueur moyenne du bec des étourneaux nord-américains est 8% plus grande que celle des étourneaux vivant aujourd’hui sur leur territoire natif. Cet allongement est spécifique aux étourneaux nord-américains, la taille du bec des individus natifs n’ayant pas changé au cours des 200 dernières années. Après avoir soigneusement examiné diverses hypothèses pouvant expliquer cette disparité, les chercheurs sont d’avis qu’elle résulte d’une adaptation génétique permettant aux étourneaux de se nourrir plus facilement de grains dans les vastes étendues de culture du continent nord- américain.

Source: Scientific Reports, janvier 2024

Crédit photo: Rachel Saint-Pierre / Québec couleur nature