Moi, coq

Reconnaître son image dans un miroir est considéré comme le signe d’une conscience de soi.

Les primates et quelques autres espèces, tels le grand dauphin, l’éléphant d’Asie et la pie bavarde, réussissent ce test car ils tentent de toucher sur leur corps un marqueur qui n’est visible que par le biais de leur réflexion. Or, depuis une décennie, ce test est remis en question, entre autres parce qu’il est conduit hors d’un contexte écologique. Une équipe de chercheurs allemands a résolu d’améliorer l’exercice en tirant avantage d’un comportement naturel du coq quand il est en présence d’un prédateur.

En compagnie de congénères, le coq émet habituellement un cri d’alarme à la vue d’un prédateur, alors que s’il est seul, il reste coi, de façon à passer inaperçu. En plaçant deux coqs encagés l’un près de l’autre et en projetant la silhouette d’un oiseau de proie, les chercheurs ont noté que les coqs poussaient des cris, comme attendu. Si un seul coq était exposé à la silhouette, il était le plus souvent silencieux. Or, en refaisant l’expérience avec un miroir posé à proximité d’un coq solitaire afin de simuler la présence d’un congénère, le volatile ne criait à peu près jamais, ce qui suggère qu’il ne confond pas sa réflexion avec un voisin et qu’il conçoit qu’elle le représente. Selon les chercheurs, ces résultats, répétés sur une soixantaine de coqs, constituent une avancée importante qui non seulement soutient l’idée que les animaux ont une certaine conscience de soi mais aussi alimente le débat sur leurs droits et leur bien-être au regard de l’utilisation qu’en font les humains.

Source : Plos One, octobre 2023

Crédit photo: Wikimedia commons