Des balanes à la rescousse

Le 8 mars 2014, un avion de ligne malaisien disparaissait en mer à l’ouest de l’Australie sans qu’on puisse, à ce jour, le retrouver.

Un fragment d’aile s’étant échoué, 17 mois plus tard, sur l’île de la Réunion, différents modèles de courants marins ont été consultés dans l’espoir d’estimer le site d’écrasement, mais la vaste superficie de la région cible n’a pas permis de conclure de manière satisfaisante. Récemment, des chercheurs états-uniens et irlandais ont suggéré d’analyser le contenu isotopique en oxygène-18 des balanes qui se sont fixées au fragment lors de sa dérive, dans le but d’en retracer le parcours.

Selon eux, puisque certaines de ces balanes, des anatifes communs, étaient âgées de 15 à 16 mois lors de la découverte du fragment, elles se seraient par conséquent arrimées à celui-ci peu de temps après la tragédie, minéralisant dans leur coquille des quantités d’oxygène-18 qui sont fonction de la température de l’eau en surface. En combinant les données de températures de surface et de courants marins dans cette portion de l’océan Indien et en mesurant le niveau d’oxygène-18 absorbé par une petite balane moins âgée accrochée au débris, les chercheurs ont démontré qu’il était possible d’esquisser avec assez de précision les derniers mois de dérive du fragment. L’équipe espère maintenant convaincre les autorités françaises de leur donner accès aux plus grosses balanes afin de reconstruire le trajet dans sa totalité à partir du point d’écrasement.

Source : AGU Advances, septembre 2023

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