Comment s’est passé l’hiver?

Les oiseaux qui migrent sur de vastes distances sont soumis aux aléas rencontrés sur leurs sites d’hivernage et lors du long retour vers les territoires nordiques de reproduction.

Ces défis ont-ils une incidence sur leur aptitude à se reproduire ou celle-ci dépend-elle uniquement de la disponibilité en nourriture dans la zone de nidification? Des biologistes des universités Laval, du Québec à Rimouski et de Moncton ainsi que du Hawk Mountain Sanctuary, en Pennsylvanie, ont voulu répondre à cette épineuse question.

En surveillant, de 2007 à 2019, sur l’île Bylot, au Nunavut, des labbes à longue queue munis d’un géolocalisateur et en suivant la productivité de leur nid — vers lequel ils reviennent annuellement —, les chercheurs ont confirmé que les années fastes en lemmings sont celles où les chances de reproduction des labbes sont les meilleures. Or un autre facteur intervient, comme le décrit Yannick Seyer, auteur principal de l’étude: « Les individus qui passent moins de temps à se déplacer en mer pendant leur séjour sur leur site d’hivernage — vraisemblablement parce qu’ils y ont trouvé un endroit riche en nourriture — et qui n’arrivent pas trop tôt sur l’île Bylot sont ceux qui se reproduisent avec le plus de succès. Il est probable que ces labbes jouissent d’une condition physique optimale pour la reproduction. » Les chercheurs concluent que les exigences liées à au niveau d’activité hivernale des labbes ont bel et bien un effet sur la performance reproductrice, mais que cet effet est modulé par l’abondance des ressources alimentaires durant la nidification.

Source : Ornithology, juillet 2023

Crédit photo: Yannick Seyer