Détecteurs de courant d’air

La face de nombreux mammifères arbore de longs poils rigides; les moustaches du chat en sont un exemple familier.

Dans l’obscurité, ces poils s’avèrent utiles pour la détection d’obstacles. Or ces vibrisses ont-elles toutes la même fonction tactile? S’inspirant des insectes chez qui les antennes, en plus des odeurs, détectent également le vent et sa direction, des scientifiques de différentes organisations, dont l’Institut-hôpital neurologique de Montréal, ont étudié les vibrisses du rat dans le but d’en préciser le rôle.

En soumettant des rats anesthésiés à un faible courant d’air, équivalent à celui produit par un mouvement de la main, les chercheurs ont noté que les vibrisses supra-orbitaires — celles situées au-dessus des yeux — se déplaçaient davantage que toutes les autres. Une analyse subséquente a montré que la morphologie de ces poils et de leur follicule différait de celles des vibrisses moins sensibles au flot d’air. En outre, si des rats placés dans l’obscurité totale étaient en mesure de détecter ce flot et de se tourner vers lui, les rats privés de leurs vibrisses supra-orbitaires (par extraction ou traitement local avec un anesthésique) réagissaient moins fréquemment. Les chercheurs affirment que ces vibrisses sont des senseurs spécialisés dans la détection des mouvements de l’air, une adaptation défensive de ce rongeur qui lui permettrait, croient-ils, de déceler l’approche sournoise d’un prédateur et de faire face à toute attaque-surprise.

Source : Plos Biology, juillet 2023

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