On a les iris à l’oeil

Neorthacheta dissimilis, une mouche originaire de l’est de l’Amérique du Nord, est observée au Québec depuis une dizaine d’années. Ce diptère de la famille des scathophagidés pond ses oeufs dans les iris, à la base du bouton floral en développement. Suivant l’éclosion, les larves se nourrissent des structures reproductrices de la fleur, causant le dépérissement partiel ou total de cette dernière. C’est en 2016 que les horticulteurs du Jardin botanique de Montréal ont commencé à noter des dégâts importants dans leur collection d’iris. Afin de quantifier l’étendue de l’infestation et la sensibilité des différentes variétés d’iris, des chercheurs des universités Bishop et de Montréal ainsi que d’Espace pour la vie ont analysé, de 2018 à 2020, 18 classes d’iris cultivées sur le site du jardin botanique.

Les résultats sont alarmants, car tous les espèces et cultivars d’iris examinés ont été affectés par la mouche. Josée Doyon, auteure principale de l’étude, décrit la situation: «L’inspection des 1654 tiges florales recueillies durant cette période de trois ans indique que seules quatre tiges n’étaient pas infestées par N. dissimilis. Même quelques plants d’iris versicolores, une espèce indigène dans la province, ont été parasités.» Si les chercheurs estiment que ce niveau d’infestation est probablement surestimé vu la densité et la diversité des iris présents au jardin, ils prônent néanmoins un suivi chez les populations sauvages. Jardiniers, ayez vos iris à l’œil!

Source: The Canadian Entomologist, janvier 2022

Crédit photo: Wikipédia