Huit bras, huit têtes ?

Le cerveau des quadrupèdes — et des bipèdes que nous sommes — suffit à coordonner la trajectoire respective de chaque patte dans l’espace.

Cependant, pour la pieuvre, qui dispose de huit tentacules flexibles et pourvus d’innombrables ventouses tâtant en continu la nature du terrain, la synchronization des mouvements relève d’un exercice passablement plus élaboré. Comment parvient-elle à gérer autant d’informations, précisément et simultanément ? S’il est établi de longue date que la pieuvre est un animal intelligent, des scientifiques de l’Université de Washington, à Seattle, pensent avoir percé le mystère de sa fascinante dextérité.

La solution, croient les chercheurs, réside dans les tentacules eux-mêmes, qui chacun posséderait son propre centre de traitement des données sensorielles et serait apte à communiquer ces renseignements aux autres tentacules sans passer par le cerveau. Contrairement à la moelle épinière des vertébrés, qui amène l’influx nerveux jusqu’à la tête — là où tout se décide —, les céphalopodes sont plutôt dotés d’un réseau complexe de ganglions neuraux répartis sur tout le corps. Cette architecture décentralisée permettrait à chaque bras d’être renseigné de façon exacte, à tout moment, sur la position de ses sept voisins. C’est cette astucieuse hypothèse que l’équipe états-unienne entend bientôt prouver.

Source : Astrobiology Science Conference, juin 2019

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