La loutre joyeuse
En hiver, lors de mes promenades en raquette, j’ai souvent l’occasion de voir de larges traînées sur la neige – comme s’il s’agissait de la trace de toboggan d’un enfant – laissées par les glissades d’une loutre sur les pentes. On devine en suivant ce tracé à travers la forêt qu’elle s’est follement amusée. Le mois dernier, en début de soirée, j’ai eu la chance d’en voir une qui s’ébattait dans l’eau de mon petit lac. Et comme elle est assez myope, si on reste immobile, il est facile de l’observer. La très enjouée loutre plongeait et revenait continuellement à la surface… des immersions d’une cinquantaine de secondes – on dit qu’elle peut rester sous l’eau plus de 4 minutes. Je la soupçonne d’avoir semé la panique parmi les alevins, les écrevisses et les grenouilles qui peuplent mon plan d’eau. Ce spectacle a duré une dizaine de minutes. «Fascinant!» dirait Charles Tisseyre.
Pierre Hamel est éditeur du magazine Nature sauvage
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