Mon ami le tamia
On est toujours pressé de voir arriver le printemps. Tellement qu’on se fie parfois à des histoires sans queue ni tête. Fred la marmotte et tous ses homonymes en sont un exemple probant. L’écœurantite hivernale nous donne la berlue. N’empêche, la nature nous envoie certains signes annonciateurs : le calage des lacs, l’arrivée des oiseaux migrateurs, les coulées d’eau d’érable. De mon côté, quand je vois un tamia rayé se pointer le bout du nez, je me dis que le printemps est à nos portes. Celui qui se réveille à peu près tous les six jours pour se nourrir un peu et faire sa toilette pendant la période hivernale, a l’habitude, en tout cas chez moi, d’apparaître (!) un peu plus souvent en mars, parfois même en avril seulement. Surprise cette année. À la mi-février, alors que je revenais d’une randonnée en raquettes, mon ami est sorti de sa cachette sous la galerie pour me saluer. Et il était en grande forme, ses p’tits mouvements rapides en étant la preuve. Je ne l’ai pas revu au cours des journées suivantes et l’hiver, au moment d’écrire ces lignes, n’a pas encore lâché prise. Donc, rien de bien scientifique dans cette apparition… surtout pas une prédiction concernant l’arrivée du printemps. Mais afficher un large sourire à la mi-février, c’est quand même un beau moment !
Pierre Hamel est éditeur du magazine Nature sauvage
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