Nul besoin d’aller loin!

Mes randonnées estivales près des cours d’eau et dans les milieux humides sont toujours l’occasion d’observer de nombreuses espèces d’odonates. Aussi faciles – d’aucuns diront plus faciles car moins craintives – à contempler de près que les oiseaux, les libellules constituent un véritable plaisir pour l’amant de la nature. Parmi mes préférées, la lydienne tient une place spéciale car c’est elle qui m’a d’abord initié au monde fabuleux des libellules. Spectaculaire – surtout le mâle avec son abdomen blanchâtre et ses ailes marquées de taches noires –, elle se perche fréquemment à la cime de tiges végétales ou se pose sans plus de façon au sol. Quelle ne fut donc pas ma surprise – et ma joie –, alors que j’étais assis sur ma terrasse de retour à la maison après une longue après-midi à fureter dans les bois, d’apercevoir «monsieur» à plat sur le mur de brique de la cheminée, à 2 ou 3 mètres de moi. Pas peureux pour cinq sous, il a même patienté jusqu’à ce qu’on revienne le photographier. Ai-je dit qu’elles ne sont pas farouches, ces libellules?

Pierre Bonneau est rédacteur en chef au magazine Nature sauvage

Crédit photo: Nature sauvage