Poissons polygames

À l’aube de l’été, les meuniers noirs, espèce fort abondante au Canada, quittent lacs et rivières en grand nombre en vue de frayer dans les ruisseaux peu profonds et bien oxygénés.

Deux ou plusieurs mâles s’approchent d’une femelle, ce qui stimule sa ponte. Celle-ci expulse des oeufs, aussitôt fertilisés, qui adhèrent au gravier ou dérivent vers des eaux plus calmes. Échange de partenaires, et le scénario se répète jusqu’à ce que la femelle ait pondu de 20 000 à 50 000 oeufs qui éclosent en quelques jours. Les alevins puisent des réserves de leur sac vitellin, puis, en bancs, se nourrissent de plancton et de larves. Quand ils atteignent une taille de 15 mm, leur bouche, dépourvue de dents, migre vers le bas et développe des lèvres charnues dotées de papilles, caractéristique des suceurs. Dès lors, ils arpentent les fonds, aspirant une variété d’aliments, surtout des invertébrés.

Crédit photo: NOAA Great Lakes Environmental Research Laboratory